A propos du tarif du 1er germinal an VIII
Historique :
L'administration devant une diminution de près d'un quart des produits de la poste, décide d'abandonner les bases du tarif existant. En effet, des anomalies existaient dans la taxe des lettres à l'intérieur d'un même département et entre deux départements contigus.
Une lettre partant de Dunkerque pour Avesnes serait taxée à 4 sous (distance 50 lieues) de la même façon qu'une lettre de Dunkerque pour Gravelines (distance 5 lieues).
Une lettre de Lens (Pas-de-Calais) pour La Bassée (Nord) serait taxée à 5 sous (distance 3 lieues) de la même façon qu'une lettre de Calais pour Avesnes (50 lieues).
Il apparaissait donc juste, pour l'époque, de taxer les lettres en fonction de la distance parcourue. Elle fut donc calculée de la façon la plus courte qu'il était possible de parcourir d'après les services établis.
Ce tarif utilisera pour la première fois le système décimal :
Distances en kilomètres.
Poids en grammes.
Taxe en francs (décimes, centimes).
La taxe serait donc calculée de décime en décime par tranche de 100 km.
Le projet fut présenté au Conseil des Cinq-Cents dans la séance du 27 vendémiaire et définitivement voté le 27 frimaire an VIII.
Le rapporteur Destrem fit remarquer que "les besoins de l'état exigeaient impérieusement que cette branche des revenus nationaux fut aussi productive que possible, la main d'œuvre ayant augmenté de moitié par rapport aux prix de 1790..."
L'application de ce tarif se fit en deux temps, ceci à cause de l'importance des changements d'unités.
Le 1er germinal an VIII (10 mars 1800), le nouveau tarif entre en application à Paris et sa proche banlieue ainsi que pour la lettre simple issue des différents départements en direction de la capitale. Le tarif de nivôse an V est maintenu dans les autres cas.
Le 1er vendémiaire an IX (23 septembre 1800), soit après six mois de "rodage", le nouveau tarif est étendu dans toute la République.