LA POSTE EN 1870-1871
Le 2 septembre 1870, c'est le désastre de Sedan où l'empereur est fait prisonnier. Les allemands investissent Paris le 18 septembre. La France est envahie. Malgré une résistance héroïque, Paris capitulera le 28 janvier 1871. Un protocole est signé le 28 février et la paix le 10 mai.
La chute de l'Empire oblige au remplacement de tous les emblèmes impériaux. Le 28 septembre, on revient à l'effigie de la Cérès de 1848 : il suffit de ressortir les planches d'impression utilisées en 1848/50. Les premiers timbres sont émis courant octobre 1870. Paris étant encerclé, ce sont les parisiens qui en seront les seuls utilisateurs pendant les premiers mois. C'est ce que les philatélistes appellent l'émission du Siège de Paris.
Pour approvisionner les bureaux de Province, l'administration va utiliser les locaux de la "Monnaie de Bordeaux" afin d'entreprendre la fabrication de timbres-postes semblables à ceux fabriqués à Paris. Ces timbres seront tirés à partir d'une presse lithographique et ne pourront être dentélés faute de matériel. C'est ce que les philatélistes nomment l'émission de Bordeaux.
Lettre oblitérée de Lens du 24 avril 1871 pour Rouen affranchie d'un 20 centimes "Bordeaux".
La paix est revenue, la commune de Paris a été écrasée lors de la semaine sanglante du 21 au 28 mai. La France panse ses plaies. Il faut rétablir le budget et payer les dettes de guerre.
Par la loi du 24 août 1871, la taxe des lettres est relevée à dater du 1er septembre. La lettre simple passe de 20 à 25 c. Or il n'existe pas de timbre-poste de 25 c. On doit les fabriquer rapidement. En attendant, des affranchissements composés vont voir le jour durant le mois de septembre 1871.
Lettre de Lens du 11 septembre 1871 affranchie d'un 20 c Siège de Paris et d'un 5 c Empire.